Louise Bourgeois : sage-femme, autrice et pionnière de la médecine obstétricale

L’histoire de la médecine a longtemps été racontée au masculin. Pourtant, dès le début du XVIIᵉ siècle, Louise Bourgeois s’impose comme l’une des sages-femmes les plus influentes de son temps. Praticienne reconnue, autrice prolifique et figure de résistance face au pouvoir médical masculin, elle incarne une étape essentielle de l’histoire de l’obstétrique.

Une femme savante dans un monde fermé

Née en 1563, Louise Bourgeois devient sage-femme après un apprentissage rigoureux, à une époque où les femmes accèdent rarement au savoir académique.
Elle construit pourtant sa réputation sur l’expérience clinique, l’observation et la transmission.

Rapidement, son expertise est reconnue bien au-delà des cercles populaires.

Sage-femme de la reine

Sa carrière atteint un sommet lorsqu’elle devient sage-femme officielle de Marie de Médicis.
Elle assiste la reine lors de plusieurs accouchements, dont celui de Louis XIII.

À une époque où la naissance d’un héritier est une affaire d’État, confier cet événement à une sage-femme témoigne de l’immense confiance accordée à son savoir.

Écrire pour transmettre (et résister)

En 1609, Louise Bourgeois publie Observations diverses sur la stérilité, perte de fruict, fécondité, accouchements et maladies des femmes.
Un titre long, mais un contenu révolutionnaire.

Ce traité aborde :

  • la grossesse,
  • l’accouchement,
  • les complications obstétricales,
  • la santé gynécologique des femmes.

Elle y défend une approche pragmatique, humaine et centrée sur l’expérience des sages-femmes, en opposition à certains discours médicaux théoriques et déconnectés du terrain.

Une femme qui se défend publiquement

Après la mort d’une patiente noble, Louise Bourgeois est mise en cause.
Plutôt que de se taire, elle rédige des textes pour défendre sa pratique, dénoncer les injustices et rappeler la réalité du travail des sages-femmes.

Ces écrits constituent l’un des premiers exemples de prise de parole féminine dans un débat médico-légal.

Une pensée profondément moderne

Louise Bourgeois défend :

  • la reconnaissance du savoir des femmes,
  • l’importance de l’expérience pratique,
  • le respect du corps et de la parole des patientes.

Sans le nommer, elle pose les bases d’une éthique obstétricale féministe, où la naissance n’est pas confisquée par une élite masculine mais accompagnée par celles qui la connaissent intimement.

Pourquoi Louise Bourgeois nous inspire encore

Aujourd’hui, alors que les débats sur la médicalisation de la naissance et la place des sages-femmes sont toujours d’actualité, Louise Bourgeois nous rappelle que :

  • les femmes ont toujours produit du savoir médical,
  • la transmission est un acte politique,
  • et la légitimité ne vient pas des titres, mais de la compétence.

Elle mérite pleinement sa place parmi les grandes figures de l’histoire de la santé des femmes.


Commentaires

Laisser un commentaire